Alors que le dispositif MaPrimeRénov’ pour les maisons individuelles subit régulièrement des réformes, la version dédiée aux copropriétés reste étonnamment stable. Bonne nouvelle pour les syndicats de copropriétaires : ils peuvent toujours bénéficier d’un financement pouvant couvrir jusqu’à 45 % du coût des travaux de rénovation énergétique, sans condition de ressources. Une bouffée d’air frais pour des immeubles souvent vétustes et énergivores.
Les copropriétés concernées par MaPrimeRénov’ copropriété
L’aide est ouverte aux immeubles de plus de 15 ans inscrits au registre national des copropriétés, à condition qu’ils soient composés d’au moins 65 % de résidences principales (ou 75 % s’ils comptent plus de 20 lots). Autrement dit, les résidences secondaires ne doivent pas représenter la majorité des logements.
Cette prime s’adresse à l’ensemble des copropriétaires, qu’ils soient occupants ou bailleurs. Toutefois, elle ne peut être demandée qu’au nom du syndicat de copropriété, jamais individuellement. C’est donc le syndic qui dépose le dossier auprès de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), après un vote en assemblée générale à la majorité absolue prévue à l’article 25 de la loi du 10 juillet 1965 (majorité des voix de tous les copropriétaires, qu’ils soient présents, représentés ou absents).
Un audit énergétique ou un diagnostic technique global (DTG) est vivement conseillé avant de lancer la procédure. Ces études permettent de hiérarchiser les travaux à réaliser et d’estimer le gain énergétique potentiel.
Quels travaux sont éligibles ?
MaPrimeRénov’ copropriété finance exclusivement les travaux permettant d’obtenir un gain énergétique d’au moins 35 %, calculé sur la base de l’audit préalable. Les opérations éligibles incluent l’isolation thermique des murs, toitures et planchers, la rénovation du système de chauffage collectif, la régulation de la température ou encore l’installation de compteurs de chaleur individuels.
Les travaux privatifs d’intérêt collectif — comme le remplacement des fenêtres dans un immeuble chauffé collectivement — peuvent également être inclus s’ils participent à la performance globale du bâtiment.
Toutes les entreprises intervenant sur le chantier doivent impérativement être certifiées RGE (Reconnu garant de l’environnement), sous peine d’exclusion du dispositif. De plus, le projet doit être accompagné par une assistance à maîtrise d’ouvrage (AMO), dont les honoraires sont subventionnés à 50 % par MaPrimeRénov’, dans la limite de 720 € par logement (ou 1 200 € pour les grandes copropriétés).
Montants et taux de subvention en 2025
L’aide représente 30 % du montant total des travaux (plafonnés à 25 000 € par logement) pour un gain énergétique compris entre 35 et 50 %. En cas d’amélioration d’au moins 50 %, le taux grimpe à 45 %, soit une subvention maximale de 11 250 € par logement.
Des bonus supplémentaires existent :
- +20 % pour les copropriétés fragiles ou en difficulté (présentant plus de 8 % d’impayés de charges ou situées dans un quartier prioritaire de la politique de la ville) ;
- +10 % pour les immeubles qui passent d’une étiquette énergétique F ou G à au moins D après travaux.
La prime est versée en moyenne dans un délai de 90 jours après la fin du chantier, puis répartie entre les copropriétaires selon leurs tantièmes. Dans les faits, le délai peut être plus long, ce qui oblige souvent les syndicats à avancer la trésorerie avant remboursement.
Financer le reste à charge : aides complémentaires et prêts à taux zéro
MaPrimeRénov’ copropriété ne couvre jamais l’intégralité des dépenses. Les copropriétés doivent donc rechercher des financements complémentaires.
Les certificats d’économies d’énergie (CEE) constituent la première source à activer. Cette prime, versée par les fournisseurs d’énergie comme Engie, TotalEnergies ou EDF, varie selon la nature des travaux et le gain énergétique obtenu. Des plateformes comme Effy, Hellio ou PrimesEnergie.fr facilitent la constitution du dossier.
Autre solution : l’éco-prêt à taux zéro collectif (éco-PTZ copropriété). Ce dispositif bancaire permet de financer jusqu’à 50 000 € de travaux par logement, sans intérêt. Il est disponible auprès d’établissements partenaires tels que la Caisse d’Épargne ou Domofinance. Certaines banques, comme la Caisse d’Épargne Île-de-France, proposent également un prêt de préfinancement des subventions pour éviter les décalages de trésorerie avant le versement des aides.
Enfin, certaines collectivités locales apportent un soutien financier supplémentaire. Paris, Lyon, Bordeaux ou Marseille accordent parfois des subventions complémentaires ou des aides à l’audit énergétique. Ces dispositifs locaux sont cumulables avec MaPrimeRénov’, mais soumis à des conditions précises qu’il convient de vérifier auprès des services municipaux.
Une démarche longue mais rentable
La rénovation énergétique en copropriété n’est pas un sprint mais un parcours administratif et technique complexe. Entre la réalisation des diagnostics, la consultation des entreprises, les votes en assemblée générale, la recherche des subventions et la réalisation du chantier, il faut compter en moyenne cinq ans pour boucler un projet complet.
Ce calendrier s’explique par la diversité des profils dans une copropriété : certains copropriétaires disposent de moyens confortables, d’autres beaucoup moins. Obtenir un consensus sur des montants parfois élevés n’est jamais simple. L’enjeu est pourtant majeur : réduire les charges de chauffage, valoriser les logements et anticiper les contraintes futures du diagnostic de performance énergétique (DPE).
Pour mémoire, une copropriété doit atteindre un gain énergétique d’au moins 35 % pour être éligible à MaPrimeRénov’, mais viser 50 % de gain ouvre droit à une aide bien plus avantageuse et à une valorisation immobilière nettement supérieure. Les économies d’énergie générées sur la facture annuelle peuvent atteindre 400 à 800 € par logement, selon la taille du bâtiment et la nature des travaux.
En conclusion
En 2025, MaPrimeRénov’ copropriété demeure un levier financier stratégique pour les syndicats de copropriétaires décidés à moderniser leur immeuble. Stable, sans condition de revenus, cumulable avec d’autres aides et pouvant couvrir près de la moitié du coût des travaux, elle constitue l’un des dispositifs publics les plus intéressants du moment. Mais son efficacité dépend d’une bonne anticipation, d’un pilotage rigoureux et d’un accompagnement professionnel dès la phase de diagnostic.
Si vous faites partie d’un conseil syndical ou que vous envisagez des travaux d’amélioration énergétique dans votre immeuble, renseignez-vous dès maintenant sur les conditions et préparez votre dossier avant le vote en assemblée générale.
Et vous, votre copropriété a-t-elle déjà profité de MaPrimeRénov’ copropriété ? Partagez votre expérience ou vos questions dans les commentaires pour aider d’autres copropriétaires à franchir le pas.
