MaPrimeRénov’ a été profondément réformée à trois reprises depuis la version 2021 décrite dans la version originale de cet article. Les informations sur les montants, les profils de couleurs, les travaux éligibles et les démarches présentées avant cette mise à jour sont périmées. Voici ce qui est exact en avril 2026 : le guichet a rouvert en février 2026 après une fermeture fin 2025, les règles ont changé le 1er janvier 2026 puis à nouveau le 1er avril 2026. Chaudières gaz, isolation des murs en geste isolé, fenêtres seules : ces travaux ne sont plus financés. Ce guide repart de zéro.
MaPrimeRénov’ est aujourd’hui l’aide principale de l’État pour financer les travaux de rénovation énergétique des logements. Mais elle a tellement changé depuis sa création en 2020 que beaucoup de propriétaires croient encore pouvoir financer des travaux qui ne sont plus éligibles, ou ignorent des opportunités récentes. En 2026, deux grandes réformes sont venues bousculer les règles : une première en janvier, une seconde le 1er avril. Le résultat est un dispositif plus ciblé, moins généreux sur certains postes, mais plus avantageux pour les projets de rénovation globale. Avant de lancer le moindre devis, lisez ce guide.
Ce qu’est vraiment MaPrimeRénov’ et qui la gère
MaPrimeRénov’ est une aide financière versée par l’Anah (Agence nationale de l’habitat), financée par l’État sur une enveloppe annuelle. En 2026, cette enveloppe est fixée à 3,6 milliards d’euros. Elle remplace depuis janvier 2020 le Crédit d’impôt pour la transition énergétique (CITE) et l’ancienne aide « Habiter Mieux Agilité ». Elle s’adresse aux propriétaires occupants de leur résidence principale, aux propriétaires bailleurs sous certaines conditions, et aux copropriétés pour des travaux sur les parties communes.
Pour en bénéficier, 2 conditions de base sont non négociables : le logement doit avoir été achevé depuis au moins 15 ans (sauf pour le remplacement d’un équipement de chauffage dans un logement de plus de 2 ans), et le bien doit constituer la résidence principale du demandeur au moins 8 mois par an. Les résidences secondaires, les logements vacants et les investissements locatifs classiques sont exclus ou soumis à des règles spécifiques.
Les 4 profils de couleurs et leurs plafonds de revenus en 2026
MaPrimeRénov’ classe les ménages en 4 catégories selon leur revenu fiscal de référence (RFR), ce dernier étant le revenu annuel figurant sur l’avis d’imposition de l’année N-2. Les seuils varient selon la composition du foyer et la zone géographique (Île-de-France ou province).
Le profil Bleu correspond aux ménages aux ressources très modestes. Pour un foyer de deux personnes en province, le RFR maximal est de 25 393 € en 2026. Ce profil bénéficie des taux d’aide les plus élevés — jusqu’à 75-90 % du coût des travaux selon le chantier.
Le profil Jaune couvre les ménages aux revenus modestes. Pour deux personnes en province, la limite se situe autour de 37 300 €. Le taux d’aide est moins élevé que pour le Bleu mais reste substantiel.
Le profil Violet désigne les ménages intermédiaires, dont les revenus dépassent le seuil Jaune mais restent en dessous du seuil Rose. Ce profil a accès au parcours par geste pour certains équipements de chauffage, mais avec des montants réduits.
Le profil Rose regroupe les ménages aux revenus supérieurs. Depuis le 1er janvier 2026, il est exclu du parcours par geste. Les ménages Rose ne peuvent plus financer isolément une isolation ou un équipement de chauffage — seul le parcours accompagné de rénovation d’ampleur leur reste accessible, avec un taux de financement de 10 % du montant HT des travaux.
Pour connaître votre profil avec précision, utilisez le simulateur officiel sur france-renov.gouv.fr — il prend en compte votre composition de foyer et votre zone géographique.
Les 2 parcours MaPrimeRénov’ : par geste ou accompagné ?
Depuis 2023, MaPrimeRénov’ s’organise autour de 2 parcours distincts aux règles très différentes.
Le parcours par geste finance un travail unique ou quelques travaux indépendants : installation d’une pompe à chaleur, isolation des combles, isolation du plancher, etc. Il est accessible aux profils Bleu, Jaune et Violet uniquement. L’accompagnement par un conseiller France Rénov’ est obligatoire depuis 2026 pour tous les profils, quelle que soit la complexité du chantier. Les travaux doivent être réalisés par un artisan certifié RGE (Reconnu Garant de l’Environnement) — c’est une condition sine qua non pour débloquer l’aide.
Le parcours accompagné (rénovation d’ampleur) finance des projets de rénovation globale visant un gain d’au moins 2 classes de DPE. Il est accessible à tous les profils, y compris Rose. Il exige un audit énergétique avant les travaux, un Accompagnateur Rénov’ agréé tout au long du chantier, et la réalisation d’au moins deux gestes d’isolation parmi les postes principaux (murs, combles, planchers). Les montants d’aide sont bien plus élevés que dans le parcours par geste : pour les ménages très modestes (Bleu), l’aide peut couvrir jusqu’à 80 % du coût des travaux dans la limite de 40 000 € de dépenses éligibles en cas de gain de 3 classes DPE ou plus.
Ce qui a changé en janvier 2026 et ce qui a changé en avril 2026
2 vagues de réformes ont reconfiguré MaPrimeRénov’ en l’espace de 4 mois. Les ignorer, c’est risquer de préparer un dossier pour des travaux qui ne sont plus finançables.
Au 1er janvier 2026 : l’isolation des murs extérieurs en geste isolé disparaît du parcours par geste — elle n’est plus éligible que dans le cadre d’un projet de rénovation d’ampleur. Les chaudières à biomasse en geste isolé sont également exclues du parcours par geste. Le profil Rose est exclu de tous les parcours par geste. L’accompagnement par un conseiller France Rénov’ devient obligatoire pour l’ensemble des demandeurs.
Au 1er avril 2026 : le remplacement de fenêtres et de volets en geste isolé n’est plus finançable. Ce type de travaux ne peut désormais s’inscrire que dans un dossier incluant au minimum un geste d’isolation structurel et un geste de chauffage renouvelable. La chaudière gaz, déjà exclue depuis 2024, est définitivement supprimée de toutes les catégories sans exception — y compris à titre de remplacement d’urgence. En contrepartie, la prime pour l’installation d’une pompe à chaleur air/eau est portée à 5 000 € dans la catégorie « grand équipement », et le bonus « sortie de passoire » (transition DPE F ou G vers C ou mieux) est relevé à 1 500 €.
Quels travaux sont éligibles en 2026 et à quels montants ?
Voici l’état exact du parcours par geste pour les profils Bleu, Jaune et Violet en avril 2026.
Pompe à chaleur air/eau : jusqu’à 5 000 € pour le profil Bleu, 4 000 € pour le Jaune, 3 000 € pour le Violet. C’est l’équipement de chauffage le mieux aidé du dispositif en 2026.
Pompe à chaleur géothermique : jusqu’à 11 000 € pour le Bleu, 9 000 € pour le Jaune, 6 000 € pour le Violet. Ces montants élevés s’expliquent par le coût de forage et d’installation bien supérieur à une PAC air/eau.
Pompe à chaleur air/air (climatisation réversible) : jusqu’à 1 500 € pour le Bleu. Attention : cette aide est réservée aux logements situés dans des zones géographiques à forte chaleur estivale définies par arrêté — elle n’est pas universelle.
Poêle à granulés ou chaudière à granulés : jusqu’à 2 500 € pour le Bleu dans le parcours par geste, mais uniquement si le logement n’est pas raccordé au réseau de gaz naturel.
Isolation des combles perdus : jusqu’à 25 €/m² pour le Bleu (plafond 75 m²), soit 1 875 € maximum. Ce poste reste l’un des plus intéressants en termes de rapport aide/économies réalisées.
Isolation du plancher bas : jusqu’à 7 €/m² pour le Bleu (plafond 75 m²), soit 525 € maximum.
Isolation des murs : uniquement dans le parcours accompagné depuis janvier 2026. Plus de financement en geste isolé.
VMC double flux : jusqu’à 2 500 € pour le Bleu.
Audit énergétique (préalable à une rénovation d’ampleur) : prise en charge partielle jusqu’à 500 € pour les profils intermédiaires et supérieurs, davantage pour les profils modestes.
Le parcours accompagné : combien peut-on obtenir pour une rénovation globale ?
C’est le parcours le plus avantageux financièrement, et aussi le plus complexe à monter. Pour y être éligible, le projet doit permettre un gain d’au moins deux classes énergétiques (exemple : passer de E à C). Le plafond de dépenses éligibles est de 30 000 € HT pour un gain de 2 classes, et de 40 000 € HT pour un gain de 3 classes ou plus.
Pour un ménage très modeste (Bleu) réalisant un chantier permettant de passer de E à B, l’aide peut atteindre 80 % de 40 000 €, soit 32 000 €. Pour un ménage modeste (Jaune), le taux est de 60 %, soit 24 000 € maximum. Pour un ménage intermédiaire (Violet), 45 % des dépenses sont financés, jusqu’à 18 000 €. Pour un ménage aisé (Rose), le taux est de 10 %, soit 4 000 € au maximum.
À ces montants s’ajoute le bonus « sortie de passoire » de 1 500 € si le logement passe d’une étiquette F ou G à une étiquette C ou mieux. Ces aides peuvent être cumulées avec les primes CEE (Certificats d’Économies d’Énergie) versées par les fournisseurs d’énergie, avec les aides des collectivités locales et avec l’éco-PTZ. En revanche, elles ne se cumulent plus avec le chèque énergie pour les mêmes travaux depuis 2025.
Comment faire la demande, étape par étape ?
La démarche se fait exclusivement sur la plateforme maprimerenov.gouv.fr. Toute démarche initiée par téléphone par une entreprise se réclamant de France Rénov’ ou de l’Anah est une arnaque — méfiez-vous, les démarcheurs frauduleux dans ce secteur ont été sanctionnés à plus de 300 reprises en 2024 par la DGCCRF.
La séquence correcte est la suivante. Première étape : consultez un conseiller France Rénov’ dans votre espace-conseil local, gratuit et neutre — il évalue votre situation, confirme votre profil de couleur et vous oriente vers le bon parcours. Deuxième étape : faites réaliser vos devis par des artisans certifiés RGE — vérifiez la certification sur le site qualibat.com ou qualitenr.org avant de signer quoi que ce soit. Troisième étape : déposez votre dossier sur maprimerenov.gouv.fr avant de commencer les travaux — toute facture datant d’avant le dépôt du dossier est inéligible. Quatrième étape : faites réaliser les travaux. Cinquième étape : uploadez les factures sur la plateforme et demandez le versement de la prime.
Pour le parcours accompagné, ajoutez à cette séquence la désignation d’un Accompagnateur Rénov’ dès le début — il coordonne l’ensemble du dossier, interagit avec les artisans et valide les devis. Son coût est pris en charge à hauteur de 50 % (profil Rose) à 100 % (profil Bleu) par MaPrimeRénov’.
L’aide est versée en une fois après les travaux, sur présentation des factures. Un acompte peut toutefois être débloqué à hauteur de 70 % de la prime attendue avant le début des travaux pour les profils Bleu et Jaune.
Les arnaques à éviter absolument
Le secteur de la rénovation énergétique est le premier terrain de jeu des escrocs en France. Les plaintes déposées auprès de la DGCCRF liées à des fraudes dans ce domaine représentent 10 % de toutes les plaintes enregistrées. Voici les schémas les plus courants.
Le démarchage téléphonique « de la part de l’État » : l’État ne vous appellera jamais pour vous proposer des travaux gratuits. Aucune administration, aucun organisme labellisé ne prospecte par téléphone. Si quelqu’un vous appelle en se présentant comme « partenaire agréé France Rénov' », raccrochez.
L’offre « tout pris en charge » : en dehors des cas très précis où la combinaison MaPrimeRénov’ + CEE + aides locales ramène le reste à charge à zéro pour certains profils Bleu, personne ne peut vous garantir des travaux « gratuits » avant même d’avoir calculé votre éligibilité réelle. Ces offres commercent avec vos données personnelles et vous font souvent signer des bons de commande piégés.
Le faux label RGE : depuis août 2026, la loi oblige les entreprises à afficher lisiblement si elles possèdent ou non le label RGE. En attendant cette date, vérifiez systématiquement sur qualibat.com ou qualitenr.org — la certification doit être en cours de validité à la date de signature du devis, pas seulement à la date des travaux. Une entreprise dont le label a expiré entre le devis et la facture vous prive de toutes les aides.
L’audit « gratuit offert » par une entreprise de travaux : les audits gratuits proposés par des installateurs ou des commerciaux de travaux n’ont aucune valeur légale et ne constituent pas un audit énergétique réglementaire. Seul un auditeur certifié et indépendant peut produire un audit valable pour MaPrimeRénov’ parcours accompagné.
FAQ : les questions que tout le monde pose sur MaPrimeRénov’ en 2026
Peut-on cumuler MaPrimeRénov’ avec les primes CEE ? Oui, c’est même vivement recommandé. Les primes CEE (versées par les fournisseurs d’énergie dans le cadre du dispositif des Certificats d’Économies d’Énergie) sont cumulables avec MaPrimeRénov’ pour la plupart des travaux. Dans les meilleurs cas, les deux aides combinées couvrent 80 à 90 % du montant des travaux pour les ménages très modestes. Demandez systématiquement votre prime CEE en même temps que votre dossier MaPrimeRénov’.
Les propriétaires bailleurs peuvent-ils bénéficier de MaPrimeRénov’ ? Oui, sous conditions. Les propriétaires bailleurs peuvent accéder à MaPrimeRénov’ pour des travaux dans des logements qu’ils louent à titre de résidence principale, à condition de s’engager à maintenir le loyer dans des plafonds fixés par l’Anah pendant 6 ans après les travaux. Les montants d’aide sont les mêmes que pour les propriétaires occupants, calculés selon les revenus des locataires et non ceux du propriétaire.
Mon logement est classé G : suis-je prioritaire pour les aides ? Oui. MaPrimeRénov’ prévoit un bonus « sortie de passoire » de 1 500 € pour tout logement passant d’une étiquette F ou G à une étiquette C ou mieux dans le cadre du parcours accompagné. De plus, les logements classés G sont interdits à la location depuis 2025 et ceux classés F le seront à partir de 2028 — rénover est donc une obligation pour tout propriétaire bailleur, et les aides pour les « passoires » sont proportionnellement plus avantageuses.
Quelle est la durée de validité d’une décision d’aide MaPrimeRénov’ ? Une fois votre dossier validé par l’Anah, vous disposez de 3 ans pour réaliser les travaux et envoyer les justificatifs. Ce délai court à partir de la date de notification de la décision d’attribution. Un même logement ne peut recevoir plus de 20 000 € via MaPrimeRénov’ parcours par geste sur une période de 5 années consécutives.
MaPrimeRénov’ est-elle imposable ? Non. MaPrimeRénov’ n’est pas soumise à l’impôt sur le revenu pour les propriétaires occupants. En revanche, pour les propriétaires bailleurs, l’aide reçue vient en déduction des charges déductibles sur les revenus fonciers — elle réduit donc le montant des dépenses déductibles, ce qui a un impact fiscal indirect. Consultez votre conseiller fiscal si vous êtes dans cette situation.
MaPrimeRénov’ reste l’aide la plus puissante pour financer une rénovation thermique en France, mais elle n’est plus le chèque en blanc qu’elle était en 2021. Les règles 2026 récompensent les projets globaux et ambitieux — ceux qui permettent un vrai saut d’étiquette DPE — au détriment des travaux isolés ou des équipements encore fossiles. Si vous avez un logement classé E, F ou G et que vous envisagez de rénover avant de vendre ou de louer, le moment est bien choisi pour lancer un audit énergétique et cartographier vos travaux prioritaires. Pour comprendre ce qu’implique l’audit énergétique obligatoire en cas de vente, consultez notre article dédié sur l’audit énergétique obligatoire en 2026. Et si vous vous demandez si une pompe à chaleur air-eau est plus rentable qu’une chaudière à condensation dans votre cas, nous avons détaillé les calculs dans notre comparatif PAC air-eau et chaudière gaz.
